Ateliers littérature

Atelier littérature

Quelques suggestions

L'autre reflet
par Patrick Senécal
a remporté le prix Saint-Pacôme

 

La bataille de Pavie
par André Jacques
éditions Druide

2016

 

Présentation faite par Jean-François Sabourin à l'atelier du mardi 5 septembre 2017

 

« Les phrases sont des aventures » disait Flaubert.
Car, toujours à réinventer, le roman existe d’abord par son style, la singularité de son écriture. Il peut nous marquer par ses personnages et son intrigue peut être extrêmement ténue. Mais le « plaisir du texte romanesque » est lié, malgré tout, à la découverte de « ce qui arrive » aux personnages à partir d’une situation initiale. Pour entraîner le lecteur, voire le captiver, l’intrigue exige une organisation délicate et un « nouage » des événements évoqués par le récit. Elle implique un suivi, des rappels, des indices, des techniques pour maintenir la tension, une gestion des accélérations ou des coups de théâtre, et éventuellement un « dénouement ». L’intrigue doit donner l’envie d’en savoir plus, tout en ménageant des surprises. D’où la nécessité de travailler la construction sans nuire à l’ « effet de réel ».

Lorsqu’un futur médecin étudie le corps humain, il ne l’étudie pas en bloc, mais par sections : il en étudie l’anatomie. Ce n’est pas différent pour la littérature. Pour étudier la littérature, il est nécessaire de créer des subdivisions. Cela permet, entre autres, de classifier les textes et de les aborder de façon différente suivant l’analyse qu’appelle leur forme ou leur époque. C’est ce que permettent les notions de genre et de courant littéraires : ce sont des aspects théoriques qui aident à comprendre la littérature, mais qui n’existent pas en soi, dans l’absolu.

Si le genre correspond en gros à la forme du texte, le courant, pour sa part, est une division plus ou moins artificielle créée pour les besoins de l’histoire littéraire.

Genre

La notion de genre littéraire est une division liée à la façon d’écrire de l’auteur, à l’aspect formel de son écriture.

Ainsi, le genre littéraire correspond en gros aux règles qui régissent sa rédaction. On dit aujourd’hui, par exemple, que la poésie, même si elle ne rime pas, présente une forme différente du roman et que le roman est écrit en prose et séparé en chapitres, etc…

Le genre est donc un ensemble de conventions que les auteurs doivent respecter à différents degrés. Négliger ces conventions, ne pas en tenir compte à la lecture, c’est forcément ne pas comprendre le texte.

Le genre sert de point de référence en littérature. C’est lui qui donne des balises à la lecture, qui guide le lecteur dans son appréhension du texte littéraire. La mécanique du texte amène un acte de lecture particulier : on ne lit pas un article de journal comme un roman ni un poème comme une revue de pêche.

Les genres littéraires les plus courants aujourd’hui sont la poésie, le théâtre, le roman, l’essai et la nouvelle.

 
Courant

Le courant désigne une tendance en littérature, qui permet de regrouper des œuvres autour de thématiques abordées, style de l’auteur, genre littéraire privilégié, etc…

L’écrivain est, comme tout être humain, le produit de son époque. Il vit dans un contexte historique, social et idéologique : il partage avec ses contemporains une façon de voir le monde, une sensibilité, une langue, une religion, un art, une musique, une architecture... L’écrivain s’inscrit dans la société qui l’entoure.

C’est ainsi que le courant littéraire peut être soit le « reflet », soit le « catalyseur » d’une société et d’une époque données. Il faut percevoir un courant comme une réponse neuve donnée par une jeune génération à une pratique littéraire antérieure.

L’intérêt du courant littéraire n’est pas de classer définitivement une œuvre, mais de donner un point de départ à l’analyse. On ne peut pas lire Perceval comme on lit le Seigneur des Anneaux ni Tristan et Iseult comme on lit Roméo et Juliette. Il faut se servir de ces connaissances historiques et littéraires pour interpréter les textes, pour mieux les comprendre.

Il faut être conscient qu’un courant littéraire ne commence pas nécessairement la première année d’un siècle et ne se termine pas nécessairement avec lui. Les courants chevauchent les époques, comme ils se chevauchent eux-mêmes. Ces repères ne demeurent en fait qu’un moyen pour orienter la lecture ; quand on comprend mieux ce que dit un auteur et pourquoi il le dit, on a plus de plaisir à le lire.

Il faut donc comprendre que lire est avant tout une opération intellectuelle de décomposition méthodique d’un objet en ses éléments essentiels comme : une peinture, une performance sportive, un marché boursier, un programme informatique, un comportement, une question d’examen, etc…).