Ateliers littérature

Atelier théâtre animé par Jean-François Sabourin le 29 janvier 2020

 

 

 

  

 

Faire les premiers pas

 

vers l'improvisation gestuelle et verbale



  

 

1/ LE CORPS

SE RÉCHAUFFER / SE DÉSINHIBER

La position neutre

Posture dynamique, d’attente ; masque neutre, pieds dans l’alignement du bassin ; bras le long du corps, mains lâchées. Ce bon appui au sol assure le contact des pieds avec la caisse de résonance du plateau, qui est souvent construit sur du vide afin d’améliorer l’acoustique.

 

Le géant

Les pieds plantés dans le sol (sans chaussures ou avec du moins l’impression d’avoir les pieds dans le sable) un peu écartés, on monte progressivement les bras (on peut aussi se mettre sur la pointe des pieds), on étire même le bout des doigts et on relâche d’un coup (3 fois)

Les corps libres

On peut aussi échauffer le cou (le menton en avant : mimer l’étonnement), les épaules (on les monte comme pour dire « je ne sais pas »), les poignets (on les secoue pour signifier « oh là là, c’est grave ! ») Chauffer le haut du corps : mains à l’épaule et coudes en rotation, dans un sens, dans l’autre, en dissociant droite et gauche. Enfin, à deux, sans se lâcher du regard : bouger dans tous les sens.

La souris

En cercle, on imagine qu’une souris passe sous nos pieds ; il s’agit donc de sauter pour la laisser passer (exemple : d’abord pied droit puis pied gauche et ensuite l’inverse). Ensuite la souris se transforme en rat puis en éléphant... et les sauts se font de plus en plus importants.

Ces exercices d’assouplissement et de concentration permettent de faire bouger ensemble des corps qui se comportent différemment, et de vaincre la timidité. Ils peuvent aussi servir d’exercice de transition : on se recentre sur soi, on s’apaise. 

Le radeau de la Méduse

Un membre du groupe vient au plateau et adopte une attitude. Les autres membres complètent le tableau au fur et à mesure, viennent l’enrichir pour confirmer l’ébauche amorcée, ou s’opposer à la proposition précédente. La combinaison de ces minuscules situations offre un potentiel illimité.

La photo de famille

Des chaises sont alignées sur plusieurs rangs au plateau. Un joueur va se placer sur scène. Les autres membres viennent se placer en fonction du premier. Il faut tenir une position fixe, y compris dans le regard (précis et orienté) afin de créer une photo de famille.

Il s’agit d’observer comment la présence des uns et des autres modifie progressivement l’espace. Chacun doit accueillir ce qui se passe, mais ne pas imposer on idée, sa solution. Le regard du spectateur circule, les groupes évoluent : les derniers à aller se placer tiennent compte de ce qu’ils ont vu. Le meneur de jeu peut alors prendre réellement la photo.

 

2/ LA VOIX

 

Choisir deux vers faciles à mémoriser, par exemple :

« Les gens faits comme vous font plus que les écus

Et vous êtes de taille à faire des cocus »

ou

« Et c’est assez pour elle, à vous en bien parler,

De savoir prier Dieu, m’aimer, coudre et filer »

 (Molière, L’Ecole des femmes)

 

Allongé par terre : respirer par le ventre et souffler avec une paille dans la bouche :

  • Souffler dans la paille, avec un débit d’air constant, régulier et aller jusqu’au bout.
  • Dire les vers dans la paille en pensant bien à sa colonne d’air.

 

Les virelangues

Distribuer puis faire lire ou mémoriser les phrases suivantes sans se tromper :

  • Son sage chat, son sage chien, son sage singe
  • Trois petites truites cuites, trois petites truites crues
  • Que lit Lili sous ces lilas-là ? Lili lit l’Iliade
  • Je veux et j’exige d’exquises excuses du juge. Du juge, j‘exige et je veux d‘exquises excuses.
  • Aglaé glisse gracieusement sur la glace glauque du Groenland
  • Donnez-lui à minuit huit fruits cuits ou huit fruits crus
  • Trois très gras rats gris dans trois très gros trous creux
  • Ces saucissons-ci sont si secs qu’on ne sait si c’en sont !
  • Ah les bons gros gras bras blancs !
  • Je vais chez ce Serge si sage et si chaste
  • Si ceci se sait, ses soins sont sans souci
  • L’assassin suçait son sang sans cesse
  • Doit-on dire : seize sèches chaises ou bien seize chaises sèches ?

 

On peut instaurer une règle du jeu et « éliminer » le joueur qui se trompe. Cela oblige les joueurs à se concentrer.

 

 

3/ LE TEXTE

Ecoute, travail corporel en rapport avec l'imagination

 

Les danseurs

Chaque groupe doit créer une séquence à partir de trois gestes basiques, faciles à exécuter par tous. Il faut faire varier les niveaux (tout en haut, à terre, à mi- hauteur) ou les rythmes ( lent, rapide, répétitif), ou la géométrie ( diagonal, rond, vertical, horizontal, sinueux...) Donner une consigne simple et claire.

Une fois la chorégraphie bien rôdée, le meneur de jeu distribue aléatoirement du texte à chaque groupe (ici, un texte de Jon Fosse )

  • Ce qu’il y a de mieux dans la bière c’est quand on la pisse !
  • Ca fait du bien de pisser
  • Tu ne penses pas ?
  • Dormir aussi ça fait du bien.

Le texte est dit par-dessus la chorégraphie : on échappe ainsi à l’illustration et un sens nouveau, une dimension étonnante peuvent apparaître.

 

Le carré des émotions

Le texte est d’abord lu de façon neutre.

On découpe le plateau en quatre zones : neutre, colère, tristesse et joie. A chaque claquement du meneur de jeu, les comédiens changent de zone. Dans cet exercice, il ne faut pas hésiter à sur-jouer : vrais pleurs, vrais rires....

Enfin on relit le texte, mais sans les zones, assis, en essayant de retrouver les émotions, de redonner du rythme.

Cet exercice tord le texte d’une telle façon qu’un autre sens peut surgir. A certains moments, il y a des hasards heureux : certaines émotions paradoxales sont plus intéressantes que le registre dicté par le sens. C’est une bonne manière de découvrir un texte sans a priori.

 

La promenade

Les participants sont répartis sur l'aire de travail, en mouvement de marche "neutre", détendus mais concentrés. Le meneur va promener les participants qui doivent mimer les différentes marches proposées.

Exemple de promenade :

  1. Vous marchez dans la rue, sur un trottoir. La température est agréable. Un vent léger traverse la rue.
  2. Il y a de plus en plus de monde et vous vous retrouvez à marcher au milieu d'une foule.
  3. Il se met à pleuvoir, de grosses flaques se forment sur le trottoir.
  4. Toute cette eau devient celle de la mer. Vous marchez avec de l'eau jusqu'au chevilles, puis jusqu'aux genoux, puis jusqu'à mi-cuisse.
  5. Vous sortez de la mer et vous errez sur une plage de sable fin.
  6. Le sable se transforme en galets brûlants. Il fait très chaud.
  7. Les galets deviennent des œufs qui se transforment peu à peu en une boue épaisse. La boue se transforme en goudron chaud.
  8. Le goudron refroidi et devient compact. Vous êtes de nouveau sur un trottoir, mais il fait de plus en plus froid. Il se met à neiger.
  9. Vous marchez à présent dans la neige.
  10. La neige fond. Vous êtes sur un sol mouillé et glissant.
  11. Le soleil revient, vous êtes comme au départ de cette promenade, sur un trottoir, tranquille. La température est agréable.

 

Ce parcours doit être parcouru très lentement. La voix du meneur sera posée, sans caractère trop dramatique. Laissez au participant le temps du ressenti, le temps de trouver la marche adaptée.

Le travail de cet exercice est autant mental que physique : les participants doivent visualiser chaque sensation jusqu'à la ressentir.

 

 

4/ L’IMPROVISATION

Qui, Où, Quand et Quoi ?

- donnez-moi deux, trois ou quatre personnages 

- donnez-moi un endroit 

- donnez-moi un moment 

- donnez-moi une situation

Chaque participant va devoir créer une attente, un "suspens", au début de l'histoire et que la réponse (qu'on appelle aussi la "chute" ou le "dénouement") à cette question, devra être surprenante et si possible amusante. 

Une fois la question posée, le plus difficile est de trouver un dénouement capable de surprendre et/ou d'amuser.

Les participants se déplacent dans l’aire de scène en mouvement et en utilisant la voix.