Ateliers littérature

Atelier théâtre animé par Jean-François Sabourin le 19 février 2020

 

 

 

  

 

De l'improvisation gestuelle

 

à l'improvisation verbale



  

 

 

1. Echauffement :

Un comédien commence une impro en fonction d'un mot donné (un seul mot, c'est un thème). Le comédien  communique à voix haute le mot.

Puis, un 2ème comédien entre avec un autre mot (qui sera révélé à haute voix),
il doit réussir à continuer l'improvisation tout en utilisant son mot et celui de son coéquipier.
Et ainsi de suite, avec tous les comédiens...

 

lion

chasseur

brousse

arbre

oiseau

arc

 

 

 

 

2. Déambulation, personnages :

 

1) Pendant quelques minutes, en cercle, on s'attache à délier les raideurs du corps : l'animateur propose une série de mouvement qui font fonctionner toutes les articulations : nuque ; épaules, coudes, poignets, doigts ; haut du dos, bassin, genoux, chevilles, orteils.

Ensuite, chacun à son tour propose un mouvement simple et répétitif, genre aérobic. Il est aussitôt imité par les autres participants pendant +/- 30 secondes. Sans que personne ne s'arrête, le suivant propose alors un autre mouvement, on l'imite, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'on ait fait un tour complet.

 

2) Déambulation. Pendant quelques minutes, l'animateur échauffe les participants physiquement, jusqu'à l'essoufflement : équilibre de plateau, degrés, sauts, attire - repousse, regard, etc.

On laisse reprendre son souffle, puis l'animateur donne le temps à chacun de penser à un animal qu'il connaît bien (pas d'oiseaux, pas d'animaux aquatiques).

Chacun imite l'animal choisi, tout en marchant sur ses pieds.

L'animateur pousse les jouteurs à exagérer la démarche, de plus en plus.

 

3. Exercices corporels :

 

La téléphone :

On prend un objet quelconque, il faut ensuite, mimer une situation dans laquelle l'objet sera détourné de son utilisation habituelle. L'objet est alors tout ce qu'on veut sauf ce qu'il est réellement.

Exemple : Une chaise peut servir à téléphoner.

 

La mémoire corporelle :

Installer une chaise au centre de la salle. Le premier participant vient s'asseoir sur la chaise et exécute un mouvement. Le suivant reproduit le même mouvement et en crée un nouveau, le suivant doit reproduire les deux mouvements et en créer un troisième, et ainsi de suite...

L’exercice se fait dans le silence

Infos : Il est préférable de faire des mouvements précis et simples...

 

 

 

 

4. Exercices de la voix :

 

Variations de la voix :

 

La voix qui marche

Il s'agit d'apprendre à gérer le niveau sonore et le débit de sa voix en fonction d'une activité physique : En parcourant une distance de quelques mètres, le but est d'amener sa voix du simple murmure au niveau sonore le plus important qu'on puisse atteindre. La fin du trajet doit coïncider avec l'apogée des décibels et la phase de montée en puissance doit se faire de façon régulière. L’exercice se fait en lisant un texte.

 

Nom : Jeu du « oui-mot »

But : écoute, improvisation, et plus...

Les acteurs forment une ligne, face à l’animateur qui donne un mot à l’assistance, puis un autre, etc…

L'un après l'autre, les acteurs vont dire un phrase courte (sujet, verbe, complément), sans négation (ne pas, plus, jamais), dans laquelle ils devront inclure un mot de la phrase précédente.
Le sens importe peu mais il faut éviter les temps de réflexion. Si une personne dit une phrase négative, elle doit la corriger. Le respect de la position neutre est indispensable à la concentration.

Cet exercice a pour but principal de travailler l'acceptation en vue d'improvisations, mais de multiples variantes peuvent desservir d'autres desseins : on peut, par exemple, en profiter pour faire travailler la voix, les intentions...

 

 

 

 

5. Les exercices sur l'imagination :

 

La recherche du moteur, seul

Seul sur scène, position neutre. Le sujet n'a rien préparé et va devoir commencer son impro (jeu ou narration, au choix) immédiatement au top de l'animateur. Celui-ci n'hésitera pas à recommencer s'il voit que le sujet réfléchit. Et s'il suspecte, parce que c'est trop joli ou trop cohérent, que le jouteur a reproduit quelque chose qu'il connaissait, il le laisse faire. Mais dès que c'est terminé, il demande immédiatement au jouteur de recommencer une impro.

Le principe est le suivant : la première idée est la bonne. Le jouteur doit s'accrocher à la première chose qui lui traverse l'esprit. Cette pensée, fugitive au départ, peut provenir d'un état interne (joie, tristesse), de la mémoire (le jouteur a mal garé sa voiture en arrivant à l'atelier) ou de son environnement, par l'intermédiaire de ses sens (odeur, visage d'un membre du public, bruit dans l'atelier d'à côté). Faisons comprendre que l'on peut partir de presque rien, mais qu'il faut s'y accrocher pendant un certain temps.

Le jouteur a commencé son impro. Il n'a pas pour consigne de chercher quoique ce soit, mais il va naturellement chercher à intéresser son auditoire. Ce faisant, il cherche inconsciemment une idée solide, qui pourra lui faire tenir plusieurs minutes. C'est le moteur. En général, on le voit apparaître lorsque le jouteur lui-même commence à croire en ce qu'il raconte. Ceci se manifeste par des comportements extérieurs : stabilité sur ses pieds, regard plus net, etc. On le sent également à l'intérêt que lui porte le public.

Une fois que le moteur est présent, c'est au choix : soit on laisse continuer, soit on arrête l'impro, en faisant bien remarquer ce qui vient de se produire. Attention, plus que jamais ici, l'animateur doit maintenir une haute attention à ce qui se passe sur scène.

 

 

 

 

6. L’objet qui tourne :

 

Vivacité et gestion du stress.

En cercle. L'animateur choisit un mot au hasard et désigne une personne. Celle-ci va devoir citer le plus de mots possible ayant un rapport avec le mot dit par l'animateur, pendant qu'un objet passe de main en main, depuis le jouteur situé à sa gauche, jusqu'au jouteur situé à sa droite. Le jeu commence lorsque l'objet est donné par l'animateur au premier jouteur, et se termine lorsqu'il le récupère des mains du dernier jouteur. L'animateur compte les mots.

 

« Faire moins, c’est faire mieux » Le plus et le moins présent

Objectif : découvrir que la présence est affaire de nuances. Une très légère variation dans l’attitude peut changer ce que l’on donne au public du tout au tout. On n’est pas obligé d’en faire des caisses pour attirer l’attention !

A deux, sur scène. Chacun prend une posture de son choix. Ceci fait, l’animateur, aidé des autres jouteurs, annonce qui est le plus présent. Celui qui ne l’est pas adapte sa posture ou en change complètement, l’autre ne bouge pas. On examine à nouveau le tableau proposé, et de la même manière, l’animateur annonce qui est le plus présent. Etc.

Variante inverse : on cherche à être le plus discret possible. C’est celui qui est plus présent qui doit bouger.

Dans les deux cas, répéter l’opération une petite dizaine de fois, puis changer de comédiens. Encourager la prise de risque : dans la variante, il peut être facile de se cacher physiquement derrière le partenaire. Etre devant lui tout en étant moins visible relève plus du pari, et le comédien y apprendra beaucoup plus.

 

La salle d’attente

A deux, sur scène. Le lieu est une salle d’attente avec 3 ou 4 (vraies) chaises. Bien montrer les portes d’entrée et du cabinet, la table, etc. Les deux personnages entrent à intervalle assez rapproché. Ils ne se sont chargés de rien, ils sont neutres. Ils ne doivent pas « chercher à faire ». Ils réagissent en silence à ce qui se crée tout seul (les accidents visuels, sonores, les regards, etc.).

Cet exercice montre que des toutes petites choses peuvent créer une histoire, à condition que l’on y réagisse. C’est le principe d’action – réaction, mais aussi le principe d’économie. Combien d’impros ne capotent-elles pas parce que les comédiens cherchent à placer une phrase ou à poser un acte qui n’est pas dans la lignée logique de ce qui se crée spontanément?

Eventuellement, l’animateur peut faire entrer un troisième personnage en cours de scène, pour provoquer un « accident » plus important.

Et s’il voit que cela peut-être porteur, il peut autoriser le verbe, mais de nouveau à condition qu’il s’impose de lui-même.

 

Le quai de la gare

A deux, sur scène. En coulisse, chacun se charge d’une histoire personnelle. Le premier personnage arrive sur le quai d’une gare (animateur : bien définir le lieu au préalable, quai, affichage, horloge, etc.). Sans chercher à montrer quoique ce soit, il doit cependant vivre son état. Tant mieux bien sûr si cela se voit. Après quelques minutes, le second entre. Il ne cherche pas spécialement le contact avec l’autre. Mais à un moment, pas toujours contrôlé, l’interaction va naître, et l’impro aussi.

Bannir les actions fabriquées ou le comédien qui cherche quoique ce soit : faire rire, attirer l’attention, etc. Eventuellement, mettre fin à l’exercice en cours de route (le partenaire peut être déstabilisé par une telle attitude !).