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Ateliers d'écriture

Quelques suggestions

LES JUBILATIONS
DE L'ECRITURE

Edition iNSPIR'EDITIONS
Carole Poujade

 

ESQUISSES D'ECRITURE

Edition iNSPIR'EDITIONS
Carole Poujade

Ecriture sous contrainte, atelier animé par Jean-François Sabourin le 12 juin 2018

 

Un atelier d’écriture, c’est un accompagnement vers l’émotion, la fabrication, puis un retour vers l’autonomie.

Chacun travaille sa propre écriture tout en partageant celles des autres, avec chacun ses forces, ses faiblesses, ses doutes, ses interrogations, ses richesses, ses préoccupations, ses centres d’intérêt, ses ressources, ses ruses. C’est ce qui fait toute la richesse d’un groupe. Dans le respect, l’écoute, une démarche constructive et la bienveillance, on écrit comme on est.

Écrire comme la pratique d’un art, comme ce serait dans un atelier de peinture, de dessin, de sculpture, de musique… Se découvrir devant le fait d’écrire. Découvrir ce qu’on peut faire, car on ne sait pas ce qu’on est capable de faire. Découvrir comment se fait le premier élan pour soi, le premier pas, comment ça se poursuit, comment ça s’arrête, comment on aime telle ou telle partie de ce qu’on a fait, ou pas, tel moment que l’on traverse.

Tous types de « genre » se côtoient dans un atelier d’écriture (narration, poésie, roman, nouvelles, fragments…). On ne fait pas de retours sur les textes, et surtout jamais sur les personnes. On est là pour construire et on s’appuie sur ce qui marche.

« Ne cherchez pas à être meilleur que ceux qui vous précèdent, ne cherchez pas à être meilleur que vos contemporains, cherchez donc à être meilleur que vous-même », disait Faulkner à un de ses élèves. Chacun ainsi s’échappe dans la création, au-delà du logique et du rationnel, se côtoyant les uns les autres par les textes, les retours, les questionnements.

On s’essaie, on apprend, à faire des retours, des feed-back, sur les textes de chacun. Peu à peu, c’est l’univers de chacun qui prend forme. On est là pour construire, on repère ce qui marche ; on travaille uniquement sur les textes, jamais sur les personnes. La pédagogie est positive, constructive. Il n’est pas question non plus d’une « école d’écrivains ».

Jean-François

 

 

Déroulement de la séance du 12 juin :

Ecriture sous contraintes (consignes)

 

Présentation de l'atelier.    

1/ Observation d’un objet insolite     

    Une poulie en bois de vieux bateau

2) Tour de table : Chacun s'exprime librement sur ce qu’il observe.  

    Laisser vagabonder son imagination

3) Chacun est invité à choisir 4 mots dans le dictionnaire commençant par la première lettre de l’objet insolite : P (1 verbe + 2 noms + 1 adjectif)

Les mots sont inscrits sur des papiers anonymes et posés dans une corbeille au pied de l'objet

4) Chacun tire au hasard 4 papiers contenant les 4 mots

5) les participants sont invités à rédiger un texte incluant les 4 mots (une ou plusieurs fois) et mettant en scène l’objet insolite.        Temps d'écriture = 30'

6) Les participants lisent leur contribution écrite à tour de rôle.  

7) Echange libre sur le ressenti de chaque texte.  

    Ni jugement d’aucune sorte, ni critiques

 

 

 

 

 

 

Production écrite par Jean-Christophe

mots : pleuvoir, paradis, pagne, poignant

Etait-il vraiment possible qu'il pleuve au paradis ? Celui des marins était plutôt chargé de vent ; ce vent qui gonflait des voiles sans lesquelles notre objet méconnu n'eut pas été utile. Mais fallait-il qu'il soit utile, fallait-il que la poignante question qu'il suscitait m'empêche de goûter tranquillement à cette île, pas tout à fait déserte, où vêtu d'un simple pagne, j'avais enfin transformé ma triste routine de prendre un panaché en un rituel païen dont l'autel était une plage et l'hostie quelques rondelles de calamar bien tendre. Il était difficile de répondre à ces questions, d'autant plus que je ne dégustais pas les rondelles de calamar tout seul et que les yeux qui m'accompagnaient m'indiquaient que s'il ne pleuvait pas au paradis, on pouvait cependant y pleurer... même de joie. Elle gardait son propre pagne serré autour de son corps. Et c'est ainsi qu'encore plus poignant, elle m'indiquait de l'en délivrer. Je savais qu'une réalité tout aussi douce et légèrement ovale que l'objet dont je ne cherchais plus le nom était blotti derrière ce pagne. Parfois une cordelette s'y accrochait...

 

Production écrite par Carole

mots : plonger, pagayeur, petit

La terre n'était plus en vue. Jaris l'avait quittée depuis longtemps à bord de sa petite embarcation. Il s'était décidé d'un coup. L'appel de l'océan certainement en cette chaude journée d'été. Il avait à peine pris le temps d'embarquer avec lui un peu d'eau douce et quelques vivres pour la journée. Dans ces îles du Levant, Jaris était renommé pour être un excellent pagayeur. Il irait loin et qui sait la pèche serait peut-être fructueuse. Ce qu'il adorait c'était plonger en mer. Il se laissait alors glisser dans l'eau et porter par les flots ; il découvrait des poissons multicolores et observait les fonds marins. Il y avait à cet endroit précis des "fonds blancs", autrement dit, la possibilité pour lui de poser son esquif et de partir à la découverte. Un éclair l'éblouit soudain. Il ferma les yeux puis les rouvrit, curieux de connaître la cause de scintillement soudain. Ce qu'il vit alors l'intrigua. Une énorme noix en bois massif percée de deux trous dans lesquels circulaient librement des roulettes, le tout entouré d'une corde surmontée d'un anneau métallique. Jamais, il n'avait vu un tel objet de sa vie. A quoi pouvait-il bien servir ? De quand datait-il ? Mystère. Mais comme Jaris était très croyant et que son île d'origine regorgeait d'histoires anciennes qui se transmettaient de génération en génération, il ne lui fallut pas plus de deux minutes pour trouver à l'objet insolite une histoire qui viendrait s'ajouter à celles contées par le doyen sorcier du village.

 

Production écrite par Odile

mots : poignée, poignet, palais, plombé. 

C'est une histoire poignante. Un homme a quitté son palais avec une poignée de pagayeurs pour une escapade maritime. Ils sont cinq seulement sur une grande pirogue. C'était à Madagascar sur l'île de Nosy Kumba aux parfums d'Ylang Ylang  Une ambiance de type "Queue de cyclone". Malgré les conditions, les pagayeurs avaient pris le large... Tout à coup, des mouvements étranges se produisirent dans le ciel plombé et à la surface de la mer. Des signes bizarres. Pris de panique, l'un des pagayeurs se jeta à l'eau pour une raison indéterminée. Il plongea hardiment. En amorçant son plongeon, il heurta le rebord de la pirogue et se blessa à la main. Verdict : fracture du poignet. Dans le même temps, l'orage se déchaînait. C'était une ambiance apocalyptique pour tous et Pitchouné, le pagayeur, hurla de douleurs. Le reste de l'équipage resta scotché sous la violence de la pluie tropicale.