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Carole Poujade

 

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Carole Poujade

 

Atelier d'écriture animé par Jean-François Sabourin le 15 janvier 2020

 

 

Propos introductif
de Jean-François Sabourin
15 janvier 2020

Atelier d'écriture sous contrainte 

 

Les consignes et les contraintes sont des règles, du jeu dit-on souvent, et, sur l’innocence du jeu, on se trompe. Il y a des centaines de contraintes : des contraintes graphiques, des contraintes portant sur la lettre (comme le lipogramme), des contraintes syntaxiques, sémantiques, phonétiques, etc. Bref, il y a des milliers de procédés, d’exercices de style qui sont repris ou détournés, ou (ré)inventés, notamment par l’Oulipo.

Une contrainte est une règle d’écriture qui entraîne une règle de lecture.

Aujourd’hui, la contrainte est définie comme une "obligation librement choisie." Il ne s’agit donc pas d’une gêne, pas d’une restriction non consentie, pas d’un empêchement. L’utilisation de la contrainte recentre l’écriture sur le travail d’artisanat du texte. L’écrivain redevient enfin un ouvrier conscient de ses gestes, de ses ruses et de ses esquives. D’habitude, on part d’une idée pour aller au mot. Avec l’écriture sous contrainte, c’est l’inverse. Ce sont les mots qui vous sont fournis qui sont filtrés et limités dès le départ.

Si la contrainte est libératrice et créatrice, c’est qu’elle permet de sortir de sa routine personnelle. En se forçant à appliquer un certain nombre de règles, on peut écrire quelque chose qu’on n’aurait jamais eu l’idée d’écrire, jamais pu écrire sans cela. Bon ou mauvais, on ne l’aurait pas écrit. En gros, la contrainte permet de sortir de soi, s’obliger à trouver des idées, changer le mode d’exploitation de ses idées. On a toujours le choix de dire oui ou non à ce qu’on a trouvé sous contrainte. Ce n’est pas un carcan, ce n’est pas préjudiciable à la liberté de création.

La contrainte ne sert pas à briller, à faire preuve d’une virtuosité technique. Le texte contraint ne doit pas être une prouesse, mais une nécessité. La contrainte permet de prendre des pistes qu’on n’aurait jamais foulées : on réinvente des mots perdus, on conçoit des rapprochements étonnants, on renverse les clichés.

L’essentiel dans l’oeuvre n’est donc pas d’exhiber la technique ou d’exalter la contrainte mais bien de les mettre toutes deux au service de ce mystérieux en nous qui peut toucher et émouvoir.

 

 

 

Atelier d’écriture 1 :

 

LA LETTRE IMPOSEE

Règle du jeu : écrire un texte où tous les mots contiennent une lettre donnée

A partir d’une lettre choisie ou imposée, faire une collection de mots et créer un texte à partir de cette collection.

 

Exemple avec la lettre E appliquée au Corbeau et le Renard.

Père Merle perché serre entre le bec le bretzel Mère Fennec est présente :
- Eh, Merle, Révérences ! jette cette Mère Fennec. Père Merle se penche...et le bretzel descend entre les dents de Mère Fennec.
Père Mère blême et berné peste ;
Mère Fennec se délecte et rentre chez elle.

 

Lettre imposée : i

Nicole

Aujourd’hui Il fait livide, ahuri. Jamais train partit si rapidement. Villes, immeubles défilent. Ainsi l’arrivée terminus, voit gamins, filles, sortir. Aussi l’horaire précis choisi, permis multitudes retrouvailles puis collation parmi amis. 

François

Petit Papa part pour permettre  Pistache apparaître plus propice par jupe poule pour plus photographie Alphonse réapparait.

 

 

Atelier d’écriture 2 :

 

QUESTIONS - REPONSES

Règle du jeu : répondre à une question sans connaître le contenu de celle-ci.

On est deux par deux.
L’un pose une question secrète par écrit.
L’autre écrit une réponse sans connaître le contenu de la question.

Question secrète et réponse sont ensuite alors découvertes et associées.

On recommence le jeu en inversant les rôles.
Il est conseillé d’éviter de parler de choses trop banales.

Exemples :

Pourquoi sommes-nous au XXième siècle ?
Parce que les chiens savants ne savent plus aboyer !

Pourquoi la terre tourne-t-elle ?
Parce les clowns sont maquillés !


Variantes possibles aussi autour des comparaisons, des hypothèses ...

Comme : Un participant propose la première partie d’une comparaison, un autre donne le second terme.
               En débutant par « comme » .

Les chats miaulent / comme un coffre-fort.
Les grues sont hautes / comme l’intelligence qui s’effondre.
L’enfant sage s’ennuie / comme un sanglot de violon.

 

 

Atelier d’écriture 3 :

 

FEUILLES TOURNANTES

Règle du jeu : écrire un texte en collaborant à plusieurs

Chaque participant commence à écrire sur une feuille, il choisit son thème d’écriture.

Il passe la feuille à son voisin, lequel voisin, après un laps de temps variable et après avoir écrit dessus, la passe à son autre voisin qui écrit dessus, puis la transmet à son tour dans le même sens. Et ainsi de suite... Les participants, qui écrivent tour à tour sur une feuille, sont contraints, dans un souci de cohérence, de respecter le sujet d’autrui.

Ceci, jusqu’à ce que la feuille que l’on a soi-même commencée ait « fait le tour », et soit revenue jusqu’à nous. C’est un jeu où l’on ne cache pas les textes produits.

Tout au long de ce jeu, l’écriture du participant premier est « complétée » par d’autres écritures.

Variante :

On peut aussi, au lieu de passer les feuilles à son voisin, les mettre au milieu et puis, au signal ou à son propre rythme, en tirer une au hasard... avant de la remettre au milieu après avoir écrit. Les durées d’écriture peuvent être fixes ou variables (en augmentant par exemple la durée dévolue à chacun, à chaque tour, ou après chaque transmission de feuille) ne serait-ce que, par exemple, pour mieux intégrer le temps de la lecture de ce qui précède.

 

 

Atelier d’écriture 4 :

 

LE MARCHE AUX MOTS

Règle du jeu : créer un poème à partir d’une collection de mots choisis dans des poèmes, des articles de sport, des critiques de spectacles, d’expositions, des revues diverses....

Les mots peuvent être dans des boîtes différentes selon que ce sont des expressions, des adjectifs, des mots peu connus...
On lance un dé devant une boîte et on choisit le nombre de mots correspondant au chiffre indiqué par le dé.

Les mots choisis peuvent être écrits sur des petits cailloux, cachés dans des papiers bonbons ... On offre un certain nombre de mots-cailloux, mots-bonbons ...
Ensuite avec cette provision de mots, on invente un ou plusieurs textes.

 

textes :  

 

 

 

Nicole

 

Demain j’irai au loin

En descendant l’escalier

L’image obsédante resurgit

Elle me suit à chaque pas

Et m’entraîne vers la mer.

 

 

François 

Le bateau file sur la mer,

Les vagues arrosent les marins à bord,

Son obscur destination les effraie,

Cependant ils ont confiance dans le capitaine,

La senteur de l’environnement qui nous entoure les rassure.

 

 

Atelier d’écriture 5 :

 

Imaginer un texte à partir d'un objet (une statuette) et cinq mots tirés au sort en rapport avec l'objet.

 

 

Christiane

Cette statue, oh combien exotique, m'inspire par sa sobriété.

Au premier coup d'oeil, seule la parure dorée et les bijoux assortis semblent donner un peu de brillance à l'ensemble.

Mais la lumière, n'en doutons pas, se trouve dans la simplicité du thème :
"La mère et l'enfant".

Une vraie beauté se dégage de cette oeuvre d'un si grand dépouillement.

 

Nicole

La statuette africaine laisse paraître le bonheur de l’enfant et de sa mère.

Elle représente une maternité.

La mère lit un livre qu’elle tient dans une main pour apporter le savoir à son enfant.

Elle est très élégante et hautaine avec ses bijoux en or et sa coiffe.

 

 

François

Ce bijou que j’avais devant moi me semble vraiment rocambolesque.

Il pourrait représenter une femme africaine, cela ne m’étonnerait pas.

Son collier argenté m’y fait penser ainsi que la couleur de sa peau.

Il y a quelques mois, on m’a parlé du sculpteur sénégalais, Slimane SOW, artiste des temps modernes.

L’objet, avec son style très patiné attire l’attention de ceux qui la regarde.