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LES JUBILATIONS
DE L'ECRITURE

Edition iNSPIR'EDITIONS
Carole Poujade

 

ESQUISSES D'ECRITURE

Edition iNSPIR'EDITIONS
Carole Poujade

 

IMAGES ET MOTS D'ELLES

Edition iNSPIR'EDITIONS
Carole Poujade

Atelier d'écriture animé par Jean-François Sabourin le 18 décembre 2019

 

 

Propos introductif
de Jean-François Sabourin
18 décembre 2019

 

Les consignes et les contraintes sont des règles, du jeu dit-on souvent, et, sur l’innocence du jeu, on se trompe. Il y a des centaines de contraintes : des contraintes graphiques, des contraintes portant sur la lettre (comme le lipogramme), des contraintes syntaxiques, sémantiques, phonétiques, etc. Bref, il y a des milliers de procédés, d’exercices de style qui sont repris ou détournés, ou (ré)inventés, notamment par l’Oulipo.

Une contrainte est une règle d’écriture qui entraîne une règle de lecture.

Aujourd’hui, la contrainte est définie comme une "obligation librement choisie." Il ne s’agit donc pas d’une gêne, pas d’une restriction non consentie, pas d’un empêchement. L’utilisation de la contrainte recentre l’écriture sur le travail d’artisanat du texte. L’écrivain redevient enfin un ouvrier conscient de ses gestes, de ses ruses et de ses esquives. D’habitude, on part d’une idée pour aller au mot. Avec l’écriture sous contrainte, c’est l’inverse. Ce sont les mots qui vous sont fournis qui sont filtrés et limités dès le départ.

Si la contrainte est libératrice et créatrice, c’est qu’elle permet de sortir de sa routine personnelle. En se forçant à appliquer un certain nombre de règles, on peut écrire quelque chose qu’on n’aurait jamais eu l’idée d’écrire, jamais pu écrire sans cela. Bon ou mauvais, on ne l’aurait pas écrit. En gros, la contrainte permet de sortir de soi, s’obliger à trouver des idées, changer le mode d’exploitation de ses idées. On a toujours le choix de dire oui ou non à ce qu’on a trouvé sous contrainte. Ce n’est pas un carcan, ce n’est pas préjudiciable à la liberté de création.

La contrainte ne sert pas à briller, à faire preuve d’une virtuosité technique. Le texte contraint ne doit pas être une prouesse, mais une nécessité. La contrainte permet de prendre des pistes qu’on n’aurait jamais foulées : on réinvente des mots perdus, on conçoit des rapprochements étonnants, on renverse les clichés.

L’essentiel dans l’oeuvre n’est donc pas d’exhiber la technique ou d’exalter la contrainte mais bien de les mettre toutes deux au service de ce mystérieux en nous qui peut toucher et émouvoir.

 

 

Atelier d'écriture sous contrainte

 

 

 

Atelier d’écriture 1 :

 

LA LETTRE IMPOSEE

Règle du jeu : écrire un texte où tous les mots contiennent une lettre donnée

A partir d’une lettre choisie ou imposée, faire une collection de mots et créer un texte à partir de cette collection.

Exemple avec la lettre E appliquée au Corbeau et le Renard.

Père Merle perché serre entre le bec le bretzel Mère Fennec est présente :
- Eh, Merle, Révérences ! jette cette Mère Fennec. Père Merle se penche...et le bretzel descend entre les dents de Mère Fennec.
Père Mère blême et berné peste ;
Mère Fennec se délecte et rentre chez elle.

 

 

Atelier d’écriture 2 :

 

QUESTIONS - REPONSES

Règle du jeu : répondre à une question sans connaître le contenu de celle-ci.

On est deux par deux.
L’un pose une question secrète par écrit.
L’autre écrit une réponse sans connaître le contenu de la question.

Question secrète et réponse sont ensuite alors découvertes et associées.

On recommence le jeu en inversant les rôles.
Il est conseillé d’éviter de parler de choses trop banales.

Exemples :

Pourquoi sommes-nous au XXième siècle ?
Parce que les chiens savants ne savent plus aboyer !

Pourquoi la terre tourne-t-elle ?
Parce les clowns sont maquillés !


Variantes possibles aussi autour des comparaisons, des hypothèses ...

Comme : Un participant propose la première partie d’une comparaison, un autre donne le second terme. En débutant par « comme » .

Les chats miaulent / comme un coffre-fort.
Les grues sont hautes / comme l’intelligence qui s’effondre.
L’enfant sage s’ennuie / comme un sanglot de violon.

 

 

Atelier d’écriture 3 :

 

FEUILLES TOURNANTES

Règle du jeu : écrire un texte en collaborant à plusieurs

Chaque participant commence à écrire sur une feuille, il choisit son thème d’écriture.

Il passe la feuille à son voisin, lequel voisin, après un laps de temps variable et après avoir écrit dessus, la passe à son autre voisin qui écrit dessus, puis la transmet à son tour dans le même sens. Et ainsi de suite... Les participants, qui écrivent tour à tour sur une feuille, sont contraints, dans un souci de cohérence, de respecter le sujet d’autrui.

Ceci, jusqu’à ce que la feuille que l’on a soi-même commencée ait « fait le tour », et soit revenue jusqu’à nous. C’est un jeu où l’on ne cache pas les textes produits.

Tout au long de ce jeu, l’écriture du participant premier est « complétée » par d’autres écritures.

Variante :

On peut aussi, au lieu de passer les feuilles à son voisin, les mettre au milieu et puis, au signal ou à son propre rythme, en tirer une au hasard... avant de la remettre au milieu après avoir écrit. Les durées d’écriture peuvent être fixes ou variables (en augmentant par exemple la durée dévolue à chacun, à chaque tour, ou après chaque transmission de feuille) ne serait-ce que, par exemple, pour mieux intégrer le temps de la lecture de ce qui précède.

 

 

Atelier d’écriture 4 :

 

LE MARCHE AUX MOTS

Règle du jeu : créer un poème à partir d’une collection de mots choisis dans des poèmes, des articles de sport, des critiques de spectacles, d’expositions, des revues diverses....

Les mots peuvent être dans des boîtes différentes selon que ce sont des expressions, des adjectifs, des mots peu connus...
On lance un dé devant une boîte et on choisit le nombre de mots correspondant au chiffre indiqué par le dé.

Les mots choisis peuvent être écrits sur des petits cailloux, cachés dans des papiers bonbons ... On offre un certain nombre de mots-cailloux, mots-bonbons ...
Ensuite avec cette provision de mots, on invente un ou plusieurs textes.

 

Exemples de textes :

Un paon a trouvé des trésors vivants

Il est allé les montrer à des savants

Habillés en noir immédiat ou en rouge absolu.

Pour faire un tournage avec des habits
dans le prêt à porter.

Les mains servent à l’amour
Et le crient dans l’air
Le ciel orange avertit les nuages

Les livres blancs n’ont rien d’écrit

Ils sont vierges d’amour. 

 

 

 

Atelier d’écriture 5 :

 

Imaginer des répliques.

Dans cette scène, les répliques d'un personnage ont été effacées.
Réécrivez-les, en tenant compte des informations livrées par le texte.

Les parties écrites de texte sont des Didascalies :  des éléments du texte qui permettent de situer l’action ou l’attitude d’un personnage. Elles guident la mise en scène.

 

Au lever du rideau, la scène est obscure, Pontbichet est couché, il ronfle.

DARDARD, en dehors, sonnant avec force.

 Monsieur !... Monsieur !

PONTBICHET, se réveillant.

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DARDARD,

Ouvrez ! Ouvrez ! Ouvrez...

PONTBICHET.

..................................................................................................................................................

DARDARD.

Moi !... un jeune homme pressé... Je bous, je brûle, je flambe !

PONTBICHET, descendant de son lit et passant un pantalon après avoir allumé une bougie à sa veilleuse.

...................................................................................................................................................

DARDARD.

Dépêchez-vous donc !

PONTBICHET.

..................................................................................................................................................

DARDARD, Il sonne de nouveau et sans discontinuer.

Je vous attends.

PONTBICHET.

.....................................................................................................................................................

DARDARD.

C'est pour vous empêcher de vous rendormir.

PONTBICHET, allant ouvrir.

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DARDARD.

....................................................................................................................................................

Monsieur, je voudrais causer avec vous.

PONTBICHET.

....................................................................................................................................................

DARDARD.

Deux heures du matin... Mais ça ne fait rien... je n'y tiens plus ! Je n'y tiens plus !

PONTBICHET, à part, effrayé.

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DARDARD.

Monsieur, je suis un jeune homme pressé : dites-moi tout de suite si c'est vous ?

PONTBICHET.

.....................................................................................................................................................

DARDARD.

Le père... ou non ?

PONTBICHET.

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(Eugène LABICHE, Un jeune homme pressé, vaudeville en un acte.)