Ateliers littérature

 

Bernard MOITESSIER

« La longue route »

Edition Arthaud

 

Surnommé « l’homme libre », Bernard MOITESSIER, soif de grands espaces et de solitude, nous raconte dans « La longue route », ouvrage mythique des récits de mer, l’une des plus belles aventures à travers les océans. Alors qu’il est parti pour une course autour du monde à la voile, et qu’il est en passe d’arriver premier, il redoute de perdre sa liberté dès son retour, et décide de continuer son chemin sur les océans. Dans ce livre, devenu une référence dans le domaine de la littérature maritime, jusqu’à la fin, le lecteur est captivé par les images décrites, toutes plus belles les unes que les autres, les péripéties captivantes que l’auteur a le don de raconter. Mais ce livre est aussi la découverte d’un vrai philosophe, celui dont les faits et gestes sont en total adéquation avec les préceptes énoncés, en osmose parfaite avec la nature et ses multiples apports. C’est peut-être pourquoi il s’agit d’un des plus beaux livres de mer jamais racontés.

 

Livre présenté par François

 

 

 

« Bernard Moitessier au fil des rencontres »

Véronique LEREBOURS

Edition Arthaud

 

Véronique LEREBOURS, dernière compagne du célèbre marin Bernard Moitessier, a voulu contribuer à faire revivre sa mémoire, en rassemblant de multiples témoignages de personnes que le navigateur a fréquentées. A travers la narration des entrevues, que l’auteur a soigneusement récoltées, « Bernard Moitessier au fil des rencontres » est un ouvrage particulièrement touchant, puisqu’il nous fait approcher cet homme exceptionnel, qui n’a pas laissé indifférent tous ceux qui l’ont côtoyé. Sa générosité, son écoute de l’autre, son amour de la nature, dessinent chez ce personnage, une très grande liberté et  une philosophie hors du commun. Ces témoignages riches traduisent un relationnel passionnant. 

C’est aussi la même philosophie, empreinte  d’humanisme, de bienveillance auprès des autres, et notamment ceux touchés par le handicap, qui anime Véronique LEREBOURS dans sa vie quotidienne. De grands liens d’amitiés s’étant tissés entre elle et moi, je peux en témoigner. Je comprends alors fort bien l’osmose qui a duré pendant de nombreuses années entre un grand marin et une de mes très chères amies, dont l’excellence dans ses engagements ne faiblit nullement.

 

Livre présenté par François

 

 

 

« L'Histoire de France interdite »

Dimitri Casali

Edition JC Lattès

 

Aucun autre pays au monde ne sacrifie autant sa propre histoire, au nom de la repentance, du politiquement correct.
L’Histoire, qui est l’ADN de la culture française, est menacée par ses trois plus grands détracteurs :
-L’Éducation nationale, dans une fuite en avant multiculturaliste qui enterre avec de nouveaux programmes nos principaux héros et la chronologie naturelle, veut faire des élèves des « citoyens du monde » avant d’en faire des citoyens français aimant leur pays.
-Les groupes communautaires, qui instrumentalisent l’Histoire à leur profit, d’où la multiplication des lois mémorielles…
-Les élites intellectuelles et médiatiques, qui s’érigent en ayatollah de la pensée unique. Premier étonnement, il n'y a plus aucune chronologie : en 1ère, on étudie la crise de 1929, puis la guerre de 1914. En 3ème, les attentats du 11 septembre précédent le Front populaire de 1936. Seconde surprise, des événements fondamentaux sont évacués, tel le 6 juin 1944.
La discréditation de notre passé entretient cette détestation de soi qui sommeille en chaque Français. Il nous manque cette fierté que l’on sent chez les Américains, les Chinois, les Britanniques, les Espagnols et qui est manifeste dans leurs manuels comme dans leur admiration pour leur héritage. Plus qu’un coup de gueule, ce livre est une déclaration d’amour à l’Histoire de France. Non, notre héritage n’est pas honteux, il est source de fierté et nous aidera à reprendre confiance en nous. Les entretiens avec Robert Badinter, Emmanuel Le Roy Ladurie et Malika Sorel viennent conforter son analyse.

 

Livre présenté par Daniel

 

 

« Frères migrants »

Patrick Chamoiseau

Edition Seuil

 

La poésie n’est au service de rien, rien n’est à son service. Elle ne donne pas d’ordre et elle n’en reçoit pas. Elle ne résiste pas, elle existe -- c’est ainsi qu’elle s’oppose, ou mieux : qu’elle s’appose et signale tout ce qui est contraire à la dignité, à la décence. À tout ce qui est contraire aux beautés relationnelles du vivant. Quand un inacceptable surgissait quelque part, Edouard Glissant m’appelait pour me dire : « On ne peut pas laisser passer cela ! » Il appuyait sur le « on ne peut pas ». C’était pour moi toujours étrange. Nous ne disposions d’aucun pouvoir. Nous n’étions reliés à aucune puissance. Nous n’avions que la ferveur de nos indignations. C’est pourtant sur cette fragilité, pour le moins tremblante, qu’il fondait son droit et son devoir d’intervention. Il se réclamait de cette instance où se tiennent les poètes et les beaux êtres humains. Je ne suis pas poète, mais, face à la situation faite aux migrants sur toutes les rives du monde, j’ai imaginé qu’Edouard Glissant m’avait appelé, comme m’ont appelé quelques amies très vigilantes. Cette déclaration ne saurait agir sur la barbarie des frontières et sur les crimes qui s’y commettent. Elle ne sert qu’à esquisser en nous la voie d’un autre imaginaire du monde. Ce n’est pas grand-chose. C’est juste une lueur destinée aux hygiènes de l’esprit. Peut-être, une de ces lucioles pour la moindre desquelles Pier Paolo Pasolini aurait donné sa vie.

 

Livre présenté par Odile

 

 

 

« La source vive »

Ayn Rand

Edition Plon

 

Il est bien agréable, alors que la bêtise semble triompher dans tous les domaines, de lire un roman qui exalte les vertus de l'intelligence. Ce roman, qui s'est vendu à 6 millions d'exemplaires lors de sa publication en 1943, est un roman culte aux États-Unis. Les Américains auraient gagné à le relire avant d'aller voter mardi dernier. C'est un roman qui pose la seule question qui vaille : "Pour quoi vivons-nous ?"

On y suit sur une quinzaine d'années le parcours de deux architectes. L'un, Peter Keating, n'est pas très talentueux mais très ambitieux ; l'autre, Howard Roark, est au contraire très doué, mais beaucoup trop novateur pour son époque. Roman sur l'art, roman sur la création, roman d'amour et d'amitié, roman d'une grande actualité à l'heure où le médiocre, le laid et le vulgaire règnent partout, ce roman est fabuleux par la profondeur psychologique des personnages, par l'intelligence des dialogues, par les retournements romanesques auxquels on assiste et surtout par les thèmes qu'il déploie, sans jamais ennuyer son lecteur. Je trouve surtout que c'est un roman qui donne une force incroyable, en ce sens qu'il montre qu'il faut savoir résister à la pression sociale, ne pas se soumettre à l'opinion d'autrui, défendre sa singularité et s'efforcer de toujours utiliser son cerveau pour comprendre le monde, et se forger une opinion personnelle.

 

Livre présenté par Jean-François

 

 

 

 

« L'oiseau sauvage »

Louisa Paulin

Edition Vent Terral

 

Ils te prendront, petit oiseau sauvage.
–Père, mon père, je veux voir du pays.
Ils te prendront, petit oiseau sauvage.
–Père, mon père, je reste au bord du nid.

Ils te prendront, petit oiseau sauvage.
–Père, mon père, notre arbre est trop petit.
Ils te prendront, petit oiseau sauvage.
–Père, mon père, je reste auprès du nid.

Ils te prendront, petit oiseau sauvage.
–Père, mon père, je vole près d’ici.
Ils te prendront, petit oiseau sauvage.
–Père, mon père, je vois encor le nid.

Ils te prendront, petit oiseau sauvage.
–Père, mon père, que le monde est joli !
Ils te prendront, petit oiseau sauvage.
–Père, mon père, ô mon père, ils m’ont pris !

 

Texte poétique présenté par Christiane