Ateliers littérature

Soirée lecture animée par Jean-François SABOURIN sur un thème libre le 14 novembre 2017

 

Livre présenté par Odile

titre : le vagabond "Petit traité sur l'immensité du monde"
auteur : Sylvain Tesson

 

Pour ralentir la fuite du temps, Sylvain Tesson parcourt le monde à pied, à cheval, à vélo ou en canot. Dans les steppes d'Asie centrale, au Tibet, dans les forêts françaises ou à Paris, il marche, chevauche, mais escalade aussi les monuments à mains nues. Pour mieux embrasser la terre, il passe une nuit au sommet de Notre-Dame de Paris, bivouaque dans un arbre ou sous un pont, recourt aux cabanes. Cet amoureux des reliefs poursuit le merveilleux et l'enchantement. Dans nos sociétés de communication, Sylvain Tesson en appelle à un nouveau nomadisme, à un vagabondage joyeux. Ce Petit traité sur l'immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l'ordre établi.

 

 

Livre présenté par Carole

titre : "Churchill Manitoba"
auteur : Anthony Poiraudeau

 

Après le très remarqué Projet El Pocero, Anthony Poiraudeau livre un nouveau récit, né d’un voyage au Canada, aux confins du cercle arctique. La petite ville de Churchill, au Manitoba, sur la rive occidentale de la baie d’Hudson, a été pour lui pendant des années un support, un refuge mental, une obsession. L’incarnation d’un rêve de fuite. Parti dans une quête dont le sens a fini par s’étioler avec le temps, embarqué dans une exploration intérieure vouée d’avance à l’échec, plongé dans la tristesse du bout du monde, Anthony Poiraudeau raconte ce voyage. Il observe et dit le voisinage entre ces deux états du lieu, imaginaire et vécu, ce lieu d’abord rêvé, et dorénavant directement éprouvé. Sur place, il découvre une ville sinistrée au passé historique lourd, dont les populations indiennes autochtones vivent dans les pires conditions qui soient. L’anecdotique périple du narrateur va alors peu à peu se teinter de gravité, se transformer. La fuite dérisoire prend un autre tour, une autre épaisseur.

Entre récit de voyage et chronique sociale, Anthony Poiraudeau nous offre un texte à la fois drôle, touchant et profond.

 

 

Livre présenté par François

titre : "La grande Beune"
auteur : Pierre Michon

 

«La Grande Beune» est l’histoire d’un désir violent et animal, désir de chasseur prenant la forme d’un récit mythologique et archaïque. La géographie des lieux, les paysages débordent de cette sensualité qui habite les protagonistes, «la lèvre de la falaise en bas de quoi coule la Beune, la Grande», «les combes où rien ne se voyait que le ciel, des haltes secrètes sous des hêtres». La préhistoire est omniprésente dans ce récit, qui résonne comme un retour à l’origine du monde*.«La Grande Beune» est l’histoire d’un désir violent et animal, désir de chasseur prenant la forme d’un récit mythologique et archaïque. La géographie des lieux, les paysages débordent de cette sensualité qui habite les protagonistes, «la lèvre de la falaise en bas de quoi coule la Beune, la Grande», «les combes où rien ne se voyait que le ciel, des haltes secrètes sous des hêtres». La préhistoire est omniprésente dans ce récit, qui résonne comme un retour à l’origine du monde.

 

 

Livre présenté par Christiane 

titre : "Le jardin"
auteur : Bertina Henrichs

 

L'auteure est née en 1966. Scénariste et romancière allemande, elle réside en France. Son 1er livre s'intitule "La joueuse d'échecs". Son roman "Le jardin" est son 3ème livre publié.

Marthe, veuve, la soixantaine, est une femme de rituel qui va s'affranchir de ce carcan quand elle apprend que toutes les maisons de son quartier vont être rasées pour être remplacées par un centre de loisirs source de créations d'emplois pour ce petit village de Plouerberc. La résistance va s'organiser, les voisins vont se révéler. Mais l'argent promis et la résistance vont-ils faire bon ménage ?

Ce sont de belles descriptions de paysages bretons qui insufflent l'atmosphère du livre (beauté, rudesse, volte-face). Le livre fourmille d'études de caractère, de communication. Ce roman est construit sous la forme d'un documentaire "journal du jour".

 

 

Livre présenté par Jean-François

titre : "Le zèbre"
auteur : Alexandre Jardin

 

Gaspard Sauvage, dit le Zèbre, refuse de croire au déclin des passions. Bien que notaire de province, condition qui ne porte guère aux extravagances, le Zèbre est de ces irréguliers qui vivent au rythme de leurs humeurs fantasques.
Quinze ans après avoir épousé Camille, il décide de ressusciter l'ardeur des premiers temps de leur liaison. Insensiblement, la ferveur de leurs étreintes s'est muée en une complicité de vieux époux.

Cette déconfiture désole Gaspard. Loin de se résigner, il part à la reconquête de sa femme. Grâce à des procédés cocasses et à des stratagèmes rocambolesques, il redeviendra celui qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être : l'amant de Camille, l'homme de ses rêves. Même la mort pour lui n'est pas un obstacle.

  

 

Livre présenté par François

titre : "Le tour du monde du roi Zibeline"
auteur : Jean-Christophe Rufin

 

Voyager avec Jean-Christophe RUFIN  n’est pas un euphémisme. A travers le XVIII° siècle, l’auteur nous entraîne d’abord dans la France profonde, puis en Sibérie au temps des tsars. C’est là où Auguste, d’origine française, et Aphanasie, d’origine sibérienne, se rencontrent. A tour de rôle, et à la première personne du singulier, ils nous comptent leur histoire, et nous entraînent sur les océans, vers l’Asie, puis Port-Louis, en  passant par Paris. Nous comprenons ensuite la dure réalité des prémices de la colonisation, lorsque nos deux  voyageurs découvrent l’île de Madagascar. Que deviendra la lutte pacifique qu’ils entreprennent pour unifier les tribus disparates de cette île, d’une grande beauté par ailleurs ?

A travers ce récit, nous comprenons aisément la somme de travail que l’auteur a dû accomplir pour lui rendre aussi un sens historique.

 

 

Livre présenté par Nicole

titre : "Edouard Manet"

 

Édouard Manet est né à Paris dans une famille de la haute bourgeoisie. Son père occupe un poste de haut fonctionnaire et sa mère est la fille d’un diplomate. Les études secondaires font apparaître un enfant dissipé qui orne ses cahiers de caricatures. Son père le presse ensuite d’entreprendre des études de droit, mais il refuse. Le choix d’une carrière s’imposant, Édouard propose d’entrer dans la marine mais il échoue à deux reprises au concours d’entrée à l’École navale en 1848 et en 1849. Entre les deux concours, il effectue un voyage au Brésil où il réalise un grand nombre de dessins.

Son père accepte alors qu’il suive la voie artistique et il entre en 1850 dans l’atelier de Thomas Couture (1818-1879), peintre du courant académique français et grand professeur de l’époque. Son camarade d’enfance Antonin Proust (1832-1905) le suit dans cet apprentissage de la peinture. Proust abandonnera par la suite la carrière artistique mais deviendra un homme politique important, fondateur notamment de l’École du Louvre. L’amitié de Proust et de Manet se poursuivra jusqu’à la mort du peintre.

Manet reste six ans chez Thomas Couture. Il y acquiert les techniques de la peinture et se perfectionne en recopiant des œuvres maîtresses exposées au Louvre. Il rencontre également Eugène Delacroix (1798-1863) duquel il obtiendra l’autorisation de copier "Dante et Virgile aux enfers", exposée au musée du Luxembourg. Au cours de sa formation, Manet voyage dans plusieurs pays d’Europe, en particulier l’Italie et les Pays-Bas. Il visite les grands musées.

La vie privée de Manet est marquée par la présence de Suzanne Leenhoff (1830-1906), néerlandaise qui avait été engagée en 1850 par le père d’Édouard comme professeur de piano pour ses fils. Suzanne donne naissance à un garçon, Léon Leenhoff, en 1852. Eu égard à l’omerta qui régnait dans les familles bourgeoises de l’époque face à ce genre d’évènement, il est impossible d’avoir une quelconque certitude sur la paternité. Mais certains auteurs estiment qu’Édouard Manet est le père de l’enfant. Suzanne vivra en effet par la suite avec le peintre et il finira par l’épouser en 1863, après la mort de son père. Manet élèvera Léon Leenhoff comme s’il était son fils. Suzanne sera aussi le modèle de Manet pour la réalisation de plusieurs tableaux, par exemple "La lecture" (1865).

En 1856, Manet s’installe rue Lavoisier à Paris dans un premier atelier, avec Albert de Balleroy (1828-1872) qui se spécialisera par la suite dans la peinture de scènes de chasse. Mais un adolescent qui avait été embauché comme aide et utilisé comme modèle (L'enfant aux cerises, 1858) se suicide dans l’atelier. Après ce drame, Manet, très affecté, déménage vers un autre atelier, rue de Douai.