Ateliers littérature

Soirée lecture animée par Jean-François Sabourin le 4 mars 2020

 

 

 

 

 

Sylvain Chantal

« TURCO »

Edition Bouclard

 

Tout à la fois scénariste, réalisateur, auteur de théâtre, de romans, Sylvain Chantal est à la littérature française ce que MacGyver est au gouvernement américain. Journaliste, ancien rédacteur en chef de Kostar et de Paplar, auteur du livre anniversaire sur la célèbre salle nantaise L'Olympic Club de Nantes, livre retraçant l'histoire de la SMAC nantaise, il travaille aujourd'hui pour une agence d’information sur la culture. Auteur de « Tu » (Éd. L'Escarbille) et de « Pas Dieu possible » (Éd. Goater), il est par ailleurs auteur de dramatiques radiophoniques pour Radio France.

Dans ce premier roman publié par les éditions Bouclard, Sylvain Chantal met en scène l’histoire de son aïeul qui fut chauffeur du Négus Haïlé Sélassié durant la Seconde Guerre mondiale et espion aux confins du Moyen-Orient et de l’Éthiopie du début du XXème siècle faisant de “Turco” un récit totalement incroyable et pourtant véridique. En passant par Rome et Beyrouth l'auteur nous entraine dans son enquête révélant le vrai métier de son aïeul : agent secret des services italiens... 

Un samedi comme les autres, rôti-patates chez ma grand-mère. D’ordinaire, les conversations tournent autour de François Fillon, qu’elle déteste, ou de feu mon grand-père, qui lui manque. Et là, missile : pour la première fois, elle me raconte son oncle, Francesco de Martini, chauffeur du Négus Haïlé Sélassié. L’empereur d’Éthiopie ? Mais Mémé, pourquoi ne m’en as-tu jamais parlé avant ? Tu n’as qu’à venir me voir plus souvent, elle répond. C’était il y a trois ans. Aujourd’hui, Mémé est morte. Je pars à Rome, où le « tonton » a fini sa vie, et à Beyrouth, où il fut missionné pour créer les services secrets italo-américains, dans l’espoir de reconstituer l’histoire de cet aïeul, mi-Lawrence d’Arabie, mi-James Bond. On l’appelait « O Turco ». Le Turc.

L'intrigue est presque secondaire, à chercher davantage dans la toile de fond, dans le processus inexorable de l'Histoire en marche et la marécageuse humanité des magouilles politiques que dans les déductions sagaces et les coups d'éclat du héros. Affecté en Syrie, mon grand- père vivait avec sa jeune épouse à Deir ez-Zor. Un jour, et ma grand-mère avait eu un pressentiment, elle avait quitté leur domicile et s’était réfugiée au sein de la garnison. La femme d’un militaire français fut, quelques heures plus tard, violée, torturée et tuée. Ma grand-mère réclama un flingue pour aller tous les buter ces cons, ce que bien sûr on lui refusa, mais je sais qu’elle en aurait été capable.

Récit d’intrigues captivantes et de sinistres machinations, itinéraires d’hommes ordinaires saisis par la fatalité ou happés par des engrenages qu’ils auront cru dominer, ce roman de l’existence et de la destinée montre quel maître du suspense est Sylvain Chantal. Son personnage principal entretient ainsi des ressemblances avec les récits de Lawrence d’Arabie ou encore de James Bond. Curieux mélange des genres au coeur de l'Histoire quelque peu revisitée pour l'occasion... Dès lors, l’auteur nous fait voyager d'un pays à un autre, d'une époque à une autre, tissant toute une toile complexe sans jamais perdre le fil pour autant. Tenu en haleine au fur et à mesure que les chapitres s'égrènent, le lecteur suit l'histoire et l'Histoire de ses yeux attentifs pour y découvrir les mystères de cet énigmatique « tonton ».

On s'approche, se rapproche et se sent bien vite proche des protagonistes, en quête tout comme eux de réponses aux énigmes que nous propose l’auteur. Poussant le lecteur à accélérer le rythme pour connaître le dénouement. L'écriture de Sylvain Chantal est méticuleuse, obsessionnelle, augurant celle d'un Modiano. On pressent que l'auteur s'intéresse moins aux ressorts de l'action qu'à l'étude de caractère de ses personnages. En vérité, Sylvain Chantal plonge son œuvre dans le roman d'espionnage moderne en décrivant un monde où l’on se dit que nous n’aimerions pas vivre, avant de nous apercevoir que c’est le nôtre. Il fait avancer ses protagonistes comme un maître d’échec, implacable, sachant d’avance le résultat final, parvenant toutefois à le masquer en parfait illusionniste. Un roman explosif, humoristique et documenté, aux descriptions ciselées des personnages, le genre de livre qui traîne encore longtemps dans un coin de la tête une fois achevé.

 

Livre présenté par Jean-François

 

 

 

 

 

Tina Vallès

« La mémoire de l'arbre »

Edition Philippe Rey

 

Par sa beauté poétique, avec des chapitres courts, chacun d’eux formant une véritable fresque ou tranche de vie, « La mémoire de l'arbre » de Tina Vallès, écrivaine catalane,présente l’amour partagé entre un petit garçon et son papy vieillissant.

Tina Vallès nous transporte au cœur d’une famille habitant un appartement de Barcelone, ou nous est compté le quotidien d’une vie banale. Un jour pourtant, un changement s’annonce : Joan et Caterina quittent Vilaverd, petit village catalan, pour venir habiter chez la famille de leur fille. Une charge supplémentaire et contrainte dans un couple ; seul, leur fils de dix ans, Jan s’en réjouit, sans en comprendre la raison. Les liens se renforceront entre Jan et son Papy, qui investit les lieux en emmenant avec lui son inséparable atelier d’horloger. Les histoires fusent entre les deux êtres, au retour de l’école, Papy ayant été chargé d’accompagner son petit-fils sur ce traditionnel parcours. Pourtant, Joan devra attendre que les jours passent pour connaître la véritable histoire de la mémoire de l’arbre.

Dans une écriture simple, à hauteur d’enfant, mais d’une perspicacité augmentant au fil des pages, Tina Vallès offre un récit tendre et poétique. Tout en abordant la question centrale de la mémoire familiale, elle interroge avec subtilité les liens de solidarité qui peuvent unir les générations, ainsi que leur résistance face aux aléas de la vie.

 

Philologie : Étude scientifique d’une langue par l’étude critique des textes.

 

Livre présenté par François

 

 

 

 

 

Pierric Guittaut

« Ma douleur est sauvagerie »

Edition Equinox les Arènes

 

 

Lancé dans une traque obsessionnelle, hanté par une soif de vengeance, Stéphane se fond dans la forêt  pour tuer "le cerf blanc" qui a occasionné l'accident  entrainant la mort de sa femme.

Stéphane apprivoise la forêt ou l'inverse. Qui sortira vivant de cette rencontre?

"Il est redevenu un enfant inconsolable face à la sauvagerie du monde"

Roman initiatique ou roman policier rural ?

Livre envoûtant quand on laisse libre  cours à son imaginaire...

 

  1. GUITTAUT romancier et essayiste a écrit entre autres:

Beyrouth sur loire / La fille de la pluie / D'ombres et de flammes.

 

Livre présenté par Christiane