Ateliers littérature

Café philo animé par Jean-François Sabourin le mardi 28 novembre 2017

 

« Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles.
Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis la Vie. 
Je suis l' espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. 
Je suis le Présent. Je Suis. »
Eckhart Tolle. 

 

Cette réflexion philosophique est inspirée d'un livre de Richard David Precht, philosophe, né le 8 décembre 1964 à Solingen, écrivain allemand connu pour ses livres de vulgarisation scientifique. Il s’inspire des trois questions kantiennes (Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m'est-il permis d'espérer ?), il invite à réfléchir par soi-même en revisitant les notions fondamentales que sont la vérité, la connaissance, la mémoire, la religion, la justice ou le bonheur. Il convoque aussi bien Nietzsche, Schopenhauer ou Darwin que Louis Armstrong, nous entraîne dans les îles grecques pour évoquer Socrate, cite les Beatles pour parler d'anthropologie ou Tolstoï pour nous initier au sens de la vie. 

 

Au soir de notre vie, qu’aurions-nous à nous dire ? On ne l’imagine pas mais cette question commence par un acte de volonté immédiate : est-ce que je fais acte de la volonté de me connaître lorsque la vie me pose problème ? Sais-je qui suis-je ?

Qu’est-ce que je comprends de moi, de mon époque, de la vie ? Cette question pose également celle des moyens : puis-je me connaitre, et si oui, comment ? On ne le pense pas non plus toujours mais à défaut de se connaitre soi-même, ce n’est pas sa vie que l’on vit mais c'est celle des autres qui s’imposent. L’influence exercée par les traditions familiales, sociales, religieuses ou politico-syndicales balisent les chemins que nous empruntons sans même que nous ayons à y penser - le pilotage est automatique. 

 

Les caractéristiques de la conscience.

Quelques seraient les caractéristiques de la conscience :

  • Elle est immatérielle : on ne peut pas la voir, ni la toucher.
  • Elle est intérieure : elle est en nous.
  • Elle est subjective : comme notre conscience n’est rien qu’à nous, nos pensées/idées/croyances nous appartiennent, et sont donc purement subjectives.

En d’autres termes, notre conscience, c’est ce qui nous permet d’être lucide sur le moment présent, en ayant une idée claire de la situation dans laquelle on se trouve.

Descartes partait du principe que depuis notre plus jeune âge, nous avons accepté sans discernement des opinions douteuses que l’on croyait vraies. De ce fait, une grande partie de notre savoir s’avère être faux. Alors pour remédier à cela, Descartes se met à douter de tout, il élimine ses croyances pour refonder tout son savoir sur des bases solides. Et qu’est-ce qu’il découvre ? Eh bien Descartes tombe nez à nez avec sa conscience. Il réalise que la seule chose qui soit certaine, c’est que nous sommes tous des sujets qui pensent et qui en sont conscients, d’où le “je pense donc je suis”.

Pour Jean-Jacques Rousseau, l’homme est perfectible, c’est-à-dire qu’il peut devenir meilleur de jour en jour. Et l’outil qui permet à l’homme de se perfectionner au quotidien, c’est ce qu’il appelle “la conscience morale”.

Pour le philosophe écossais David Hume, la réponse est non. Il s’oppose farouchement à la thèse de Descartes qu’il démonte dans son « Traité de la nature humaine ». Selon Hume, notre conscience ne serait qu’une suite de perceptions : douleurs, sentiments, chaud, froid, tristesse… et cela, sans identité propre. Pour lui, l’identité personnelle n’est qu’une fiction de l’imagination. L’esprit serait une sorte de théâtre où plusieurs perceptions font successivement leur apparition, passent, repassent, s’écoulent et se mêlent en une infinie variété de positions et de situations. Il n’y a pas proprement en lui de simplicité à un moment unique, ni d’identité à différents moments, quelque penchant naturel que nous ayons à imaginer cette simplicité et cette identité. 

Si le “moi” n’a pas d’identité propre, ce serait donc parce que l’on ne construit pas une personnalité sur des perceptions/sensations changeantes ! La conscience serait seulement l’outil qui permettrait de ressentir.

Kant explique que beaucoup se laissent dicter leurs pensées par des proches, par la société, ou la doxa (= l’opinion publique). Ces gens “paresseux et lâches” sont appelés des “adultes mineurs”. Et le but ultime est de devenir “majeur”, c’est-à-dire des adultes qui arrêtent de se complaire dans cette passivité de la pensée et qui osent penser comme ils l’entendent.

Alors comment penser par soi-même ?

Kant nous donne la méthode à appliquer, dans « Critique de la faculté de juger », à travers 3 maximes :

  • Apprendre à penser par soi-même (en virant tous nos préjugés).
  • Penser en se mettant à la place d’autrui, c’est-à-dire, avoir l’esprit ouvert et penser de manière universelle et objective.
  • Toujours penser en accord avec soi-même, être toujours cohérent dans sa pensée et dans ses actes.Qui suis-je ?

Lorsque l’on pose la question « Qui suis-je ? », on espère, à travers la réponse, obtenir des informations qui vont nous permettre de nous connaître. Se connaître, connaître quelqu’un en général, c’est d’abord être bien informé sur la personne : connaître ses pensées, ses sentiments, mais aussi son histoire, son passé, au point, d’ailleurs, que cette connaissance, si elle est bonne, devrait même nous permettre de prévoir les réactions et actions de la personne en question.
Alors, n’est-il pas possible de répondre de manière exacte à cette question ? Ne puis-je pas répondre exactement et même facilement à la question « Qui suis-je ? » par une simple introspection ? La réponse que j’apporterai à la question « Qui suis-je ? » ne risque-t-elle pas d’être trop subjective pour être exacte ? En dehors de moi, existe-t-il qui que ce soit qui puisse me décrire de manière neutre et impartiale ? Les autres ne risquent-ils pas d’être aussi subjectifs que moi ? Il semble donc qu’on pourrait en conclure qu’il n’existerait pas de réponse exacte à la question « Qui suis-je ».

La question « Qui suis-je ? » pose aussi la question de notre identité : quels sont les traits qui nous définissent et nous caractérisent ? Admettre que cette question n’admet aucune réponse exacte, c’est donc admettre que nous n’avons pas d’identité précise. Cela ne signifie-t-il pas alors que nous n’avons aucune consistance et qu’au contraire notre identité change au gré des circonstances ? N’avons-nous pas besoin de penser que la question
« Qui suis-je ? » admet une réponse exacte pour que notre existence ait une cohérence et que nous en soyons véritablement maître ?

 

Le « MOI ».

Dans « la Phénoménologie de la perception », Merleau-Ponty décrit ainsi le mystère insondable que constitue l’autre pour moi. Chaque personne serait dotée d’une identité qui est essentiellement constituée par sa manière particulière et subjective de voir le monde, par son point de vue unique sur le monde. Ce point de vue est déterminé par la sensibilité propre à chacun. Dès lors, tout ce que l’autre pourra manifester ou dire ne nous permettra jamais de franchir le seuil de sa subjectivité et d’accéder directement à son intimité. Il y a ainsi bien une barrière entre moi et les autres, qui fait
qu’ils constituent pour chacun un mystère, voire une menace. ( ... )

Descartes cherchait une certitude qui puisse servir de point de départ pour fonder l’ensemble de son savoir. Or, dans cette quête, il a été progressivement amené à douter de tout, sauf d’une chose : de sa propre existence. Ainsi, cette certitude est déduite, abstraction faite de tout, excepté la conscience : il se coupe du monde extérieur, de son propre corps. In fine, cela signifie que la substance du sujet peut être ramenée à la seule conscience. Si tel est le cas, il est alors tout à fait logique que nous puissions répondre de manière exacte à la question « Qui suis-je ? » en nous appuyant, précisément, sur les données fournies par notre seule conscience.

 

La question « Qui suis-je ? » admet-elle une réponse exacte ?

Répondre de manière exacte, c’est donc répondre objectivement à la question. Une réponse exacte, c’est, tout simplement, une réponse vraie. Une telle réponse est synonyme d’objectivité, c'est-à-dire d’impartialité et de neutralité. Si répondre de manière exacte à la question « Qui suis-je ? » suppose que je décrive la chose telle qu’elle est, cela signifie que je dois la décrire de la manière la plus neutre possible, telle qu’elle est et non telle que je le vois ou telle que je souhaiterais qu’elle soit. Or, l’objectivité suppose une certaine distance. Pour être neutre et impartial, il faudrait sans doute que nous puissions être extérieurs à nous-même, pour nous voir objectivement, c'est-à-dire, comme un objet et en faisant abstraction du sujet que nous sommes. La proximité que j’entretiens avec moi-même, si elle fait de moi le témoin privilégié des
événements qui me constituent tel que je suis aujourd’hui, fait aussi que je suis pour ainsi dire juge et partie.

Une réponse exacte se doit en effet d’être définitive. Comment dire que je réponds exactement à la question « Qui suis-je ? » si je me contente d’une réponse ponctuelle, particulière, qui n’est valable qu’à un moment de mon histoire ? Se connaître, cela ne nécessite pas au contraire de connaître les traits essentiels de mon identité, c'est-à-dire ceux qui me définissent une bonne fois pour tous sans jamais changer ? Or, il semble qu’il soit impossible d’apporter une telle réponse. En effet, au plus puis-je imaginer que je parvienne à faire une synthèse de mon passé et que je puisse dire qui j’ai été jusqu’à présent. Même cette tâche paraît toutefois bien difficile. Il faudrait trouver des points communs entre le nourrisson que j’ai été et l’adolescent ou l’adulte que je suis devenu… La tâche devient à l’évidence impossible si je dois répondre à
la question pour l’ensemble de mon existence. Comment deviner les évolutions que je pourrai connaître ? Comment deviner quels événements heureux ou malheureux peuvent m’arriver et changer
des traits fondamentaux de ma personnalité ? Ainsi, il semble que si par la question « Qui suis-je ? » on cherche à connaître le moi comme substance immuable et essentielle du sujet, les changements et évolutions dans le temps que nous connaissons rendent impossible de répondre à une telle question.

 

Dans « L’existentialisme est un humanisme », Sartre explique ainsi que « l’existence précède l’essence ». L’être humain serait totalement libre. Puisqu’il est totalement libre, il vit selon le projet qu’il construit librement pour lui-même. La cohérence de la personne humaine est ainsi à chercher dans ce projet qui est l’identité de l’individu car, comme le dit Sartre, l’homme n’est d’abord rien et il sera ce qu’il se sera fait, c'est-à-dire que son identité est à chercher dans le projet qu’il pense pour lui-même et dans la réalisation de ce projet. Dans mon existence, dans mon existence, dans mes actions, je peux manifester mon identité et apporter la preuve de sa consistance grâce à ma liberté, ma moralité et ma responsabilité. Par là, nous pouvons approcher même la formulation d’une réponse exacte à la question « Qui suis-je », progressivement, en faisant la synthèse du vécu et des différents éléments de connaissance apportés par mon existence et par les autres. Si « l’existence précède l’essence », c’est aussi que l’homme n’est défini que par son existence, au fur et à mesure de son existence.

La question « Qui suis-je ? » admettrait donc une réponse exacte. J’ai une identité qui, même si elle peut évoluer au cours de mon existence, constitue le noyau dur de ma personne, faisant de moi un être libre, responsable et moral. Certes, il est difficile de décrire cette identité. Je dispose en ce qui me concerne d’informations devant me permettre de répondre, mais je manque d’objectivité. Les autres sont plus objectifs mais sans l’être totalement et n’ont pas toutes informations dont je dispose. Mais, ce n’est pas parce que personne ne peut dire qui je suis de manière définitive, complète et objective, que je n’ai pas d’identité, que je ne suis pas un être cohérent et consistant qui s’essaiera, au fur et à mesure de son existence et jusqu’à la mort, de compléter la description qu’il fera de sa propre identité.

 

Conclusion

Ainsi, si je peux avoir des doutes sur l’identité des autres, j’ai, en ce qui me concerne, une connaissance immédiate et certaine de moi-même. Je sais, immédiatement, qu’il y a une réponse exacte à la question « Qui suis-je ? », une réponse à laquelle j’adhère totalement et qu’il n’est pas permis d’interroger : c’est moi. Cette réponse pourra, sans doute, ne pas satisfaire mes interlocuteurs, mais, en ce qui me concerne, elle est la plus exacte qui soit. Répondre « moi » à cette question, ce n’est pas seulement énoncer un mot vide de sens. Lorsque je dis « moi », j’engage en effet derrière ce mot l’intégralité du sujet et de la personne que je suis,
j’adhère complètement au terme que je prononce.
C’est ce qu’explique Locke dans L’essai sur « l’entendement humain ». Il y montre en effet que c’est la conscience de la personne qui fait son identité personnelle. Ce qui fait qu’une personne reste la même tout au long de son existence, c’est la conscience immédiate et continue qu’elle a d’elle-même. Cela signifie qu’à la question « Qui suis-je ? », j’ai une réponse immédiate et évidente qui est « moi ». Cette réponse, accompagne comme une certitude chacun des états que je traverse, chaque moment de mon existence. Le jour où je ne serai plus capable de répondre à la question « Qui suis-je ? », il faudra y voir le signe que je suis touché par une pathologie physique ou psychique. C’est donc dans la conscience immédiate d’être soi, accompagnée de la connaissance certaine de mon identité, que l’on trouvera la réponse exacte à la question « Qui suis-je ? ».

 


Débat

 

François  :

Notre galaxie parmi tant d’autres, fait partie de cet univers en extension, qui s’étend dans un espace toujours plus immensément vaste ; nous n’en connaissons pas les limites ; notre approche du monde et notre compréhension ont peine à se représenter et même à imaginer l’infini. Sur notre système solaire, qui gît quelque part sur notre galaxie, tournent des astres, dont la terre, minuscule, entourée de rien, seule en suspens, accrochée par la gravitation à une étoile, le soleil, dont les rayons nous donnent vie.

Nous sommes poussières d’étoile.

Et pourtant, ce monde tout petit au travers de l’univers, notre planète, nous semble déjà infiniment grand. Pour nous, il n’y a pas un monde mais des mondes ; des civilisations, des cultures ;  des hommes et des femmes dont aucuns ne se ressemblent, noirs, blancs ou jaunes, hétérosexuels ou homosexuels. Le génome humain est complexe et génère des êtres tous différents les uns des autres.

Alors, comment savoir qui je suis, puisque je ne ressemble à personne d’autre. Je suis obligé de m’identifier à moi-même ; lorsque je me regarde devant un miroir, je ne vois personne ; personne d’autre que moi-même. Je crois que je n’aurai pas assez de toute une vie pour me comprendre, me réaliser, connaître ce qui m’entoure, aimer tous ceux que j’ai envie d’aimer.

La vieillesse me donne certainement plus de sagesse, m’enrichit, et exprime en moi le besoin d’aimer davantage. En même temps, devant la connaissance que j’acquière sur la situation brutale de notre civilisation, ma colère monte. Je me dis que l’homme, par sa cupidité et les violences qu’il engendre, physiques, morales et environnementales, détruit à petit feu notre planète, immensément minuscule au travers de l’univers. Il n’est rien d’autre qu’un prédateur avide et démuni d’une conscience collective.

Suis-je cet homme-là ? Dans l’affirmatif, je préfère alors me considérer comme poussières d’étoile.

Nicole :

Sur la planète terre, je suis née avec les caractéristiques physiques, mentales et intellectuelles qui m'ont été attribuées ??? Semblable à une bactérie dans un bouillon de culture, je résiste jusqu'à l'issue fatale qui sera la transformation en poussière.

Odile :

Qui suis-je et si je suis,…combien ? : On peut décliner son identité… et plus (nom, métier, rôles, valeurs, sentiments, éducation, formation, savoir, caractéristiques physiques, etc…) Je répondrai plutôt : un être humain de genre féminin parmi des milliards d’humains dans le monde… et « un être de désir » dirait Freud.

Qu’est-ce que je comprends de moi, de mon époque, de la vie ? Pas grand-chose… nous vivons dans un monde de plus en plus complexe qui véhicule une foultitude d’informations, de connaissances, etc…

Quelles seraient les caractéristiques de la conscience ? Sont-elles les mêmes pour tous ? pas le même formatage… pas le même cerveau…
Pour moi c’est ETRE CONSCIENT – voir, écouter, porter regard sur, être dans dispositions empathiques, s’informer, etc…

Quel serait l’outil qui permet à l’homme de se perfectionner au quotidien ? Pour apprendre à se connaître et à se perfectionner : nombreux outils : l’introspection, la psychologie, les autres, etc…

Comment penser par soi-même ? : En suivant d’abord le fil conducteur de ses intuitions, de ses pensées, en les interrogeant et les peaufinant ensuite…

Pouvons-nous répondre exactement et même facilement à la question « Qui suis-je ? » par une simple introspection ? Sans doute pas ? mais c’est un bon point de départ…

Y a-t-il une réponse exacte à la question : "Qui suis-je ?" peut-être ? exacte ? certainement pas…

La proximité que j’entretiens avec moi-même fait partie intrinsèquement de ma nature profonde. Ce sont des éléments constitutifs. La notion d’événements est extérieure à moi… tout dépend de la réponse pertinente que je donne aux situations événementielles.

Christiane :

Chaque individu a sa structure propre, sa base
Son moi évolue, se remodèle en fonction de certains événements qui peuvent déstabiliser, plonger dans l'ignorance, le désarroi parfois et permettre ainsi une remise en cause de ce moi 
Le regard  de l'autre aide à avoir une vue moins parcellaire de soi 
La parole d'autrui donnée, même sans intention de nuire, peut conduire celui qui la reçoit à son moi profond et l'éclairer dans sa recherche
La conscience de l'humanité ramène la personne à sa juste place
Un retour régulier vers soi dans la solitude, le silence et la tolérance notamment, reste cependant nécessaire.
Qui suis-je ? ça dépend des moments
Qui je suis, combien ? Plusieurs mais structuré ........
 

Patrick :

Je suis Patrick, je l'étais hier, demain peut-être encore mais ça ne suffit sans doute pas à répondre à LA question. Je suis tel qu'on m'a fait à l'origne avec, petit à petit, une construction du MOI en fonction de mon parcours de vie et des expériences vécues. Les valeurs transmises, induites ou imposées s'ordonnent, s'enrichissent ou disparaissent en route. Je suis ce que je suis à l'instant où je suis. Ainsi je suis moi à l'infini de variantes. Je garde seulement comme cap incontournable, le respect et le développement de mon humanité. Tout comme je m'efforce de la chercher, de la trouver et de la respecter dans chaque individu. En dehors de cette règle que je m'impose de suivre, j'accepte toutes les évolutions.